Il y a des moments où quelque chose résiste dans notre vie professionnelle… sans que l’on sache vraiment dire quoi.
L’autre jour, une manager me confiait autour d’un café :
« C’est étrange… je ne saute pas de joie chaque matin, mais je ne traîne pas les pieds non plus. Je crois que je suis bien dans ce travail, mais je ne sais pas l’expliquer. »
Ce flou, je le connais bien.
Quand j’étais manager en opérationnel, il m’est arrivé de me demander si j’étais simplement fatiguée… ou si le poste ne me nourrissait plus. Je me disais parfois que je n’étais “pas assez solide”, alors qu’en réalité, c’était un désalignement professionnel qui commençait à se faire sentir.
Aujourd’hui, à travers le bilan de compétences et le coaching en entreprise, j’accompagne des cadres, des managers et des dirigeants qui se posent exactement cette question : comment savoir si mon travail me correspond encore vraiment, sans tout envoyer valser trop vite ?
Avec le temps, et au fil des accompagnements, j’ai repéré des signes simples, concrets, qui permettent d’analyser un poste et de vérifier s’il vous convient réellement.
Des repères qui reviennent, encore et encore.
Dans cet article, je vous partage huit repères essentiels d’un travail qui vous correspond vraiment.
Pour aller plus loin, vous pouvez découvrir ma page dédiée au bilan de compétences.
8 repères d’un travail qui vous correspond vraiment
1. Vous allez travailler sans appréhension inutile
Il ne s’agit pas de se lever chaque matin avec un sourire de pub.
Ce qui compte, c’est l’absence de poids dans la poitrine quand vous poussez la porte de votre bureau ou que vous allumez votre ordinateur.
Il y a des matins lents, comme chez tout le monde. Mais globalement, tout est “OK”. Vous n’arrivez pas au travail en imaginant déjà les difficultés, en vous préparant mentalement à vous défendre, en anticipant des tensions avant même qu’elles n’existent.
Bien sûr, certains jours sont plus compliqués que d’autres, mais la tendance reste stable : votre énergie tient, vous aussi.
Le repère : votre énergie est bien présente la plupart du temps.
Checklist – À observer chez vous :
– Ressentez-vous régulièrement une boule au ventre en arrivant au travail ?
– Avez-vous tendance à vous préparer mentalement à “tenir le choc” avant même d’arriver ?
– Votre niveau d’énergie est-il globalement stable au fil des semaines ?
Si l’appréhension est devenue votre routine du matin, c’est un signal à prendre au sérieux.
2. Vous sentez que vous êtes utile
Dans un poste qui vous convient, vous n’avez pas besoin de forcer ou de faire semblant pour exister.
Votre travail produit un effet visible, mesurable, concret : vous voyez l’impact de ce que vous faites.
Une directrice commerciale me disait un jour que, dans son poste actuel, chaque fois qu’elle faisait avancer un dossier, cela débloquait vraiment quelque chose. Elle n’avait pas la sensation d’être un pion. Elle voyait que sa présence faisait une différence.
Se sentir utile nourrit l’engagement. C’est un pilier de l’épanouissement professionnel.
Le repère : votre contribution compte vraiment, et vous le voyez.
Checklist – À vous demander :
– Pouvez-vous citer des exemples récents où votre action a réellement débloqué quelque chose ?
– Avez-vous la sensation que votre rôle est clair et utile dans l’ensemble du dispositif ?
– Quand vous partez le soir, avez-vous parfois le sentiment d’avoir servi à quelque chose ?
3. Vous ne vous ennuyez pas… et vous ne suffoquez pas non plus
Deux extrêmes sont particulièrement dangereux :
– le bore-out, quand les journées s’étirent sans intérêt,
– le trop‑plein, quand vous n’arrivez plus à reprendre votre souffle.
Dans un travail qui vous correspond, vous êtes stimulé sans être submergé. Le rythme est tenable. Les tâches ont du sens. Vous ne terminez pas vos journées “lessivé par la surcharge” en permanence.
Une responsable de projet me disait qu’elle avait la sensation d’avancer, de ne pas piétiner, tout en gardant la main. Ce sentiment de progression maîtrisée est précieux.
Que vous soyez cadre, manager ou dirigeant, en réflexion sur un bilan de compétences ou accompagné par un coach en entreprise, ce niveau de stimulation “juste ce qu’il faut” est un repère précieux.
Le repère : charge soutenable, ni ennui chronique ni épuisement permanent.
Checklist – À vérifier :
– Vos journées sont-elles toutes identiques, au point de vous vider sans rien vous apporter ?
– Avez-vous souvent l’impression de “courir après le temps” sans jamais reprendre votre souffle ?
– Avez-vous la sensation d’avancer sur vos sujets, ou de subir ?
4. Vous comprenez pourquoi vous faites ce travail
Je pose souvent cette question en accompagnement :
“Si quelqu’un vous demandait pourquoi vous faites ce travail, que répondriez-vous ?”
Un silence trop long est déjà une information.
Quand un travail vous correspond :
– vous comprenez l’utilité de votre rôle,
– vous reconnaissez vos valeurs dans les décisions prises,
– vous contribuez à quelque chose qui compte pour vous.
Un responsable de production me confiait qu’il ne changeait pas le monde, mais que ce qu’ils produisaient améliorait réellement le quotidien de leurs clients. Et que cela lui suffisait.
Le sens n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être solide.
Le repère : vous voyez clairement la logique de votre engagement.
Checklist – À vous poser :
– Si vous deviez expliquer à un proche pourquoi vous faites ce travail, que diriez-vous ?
– Ce que vous faites améliore-t-il concrètement quelque chose pour quelqu’un ?
– Vous reconnaissez-vous dans la façon dont les décisions sont prises autour de vous ?
5. Vous avez confiance dans l’avenir
La confiance, ce n’est pas de la naïveté.
C’est la sensation que :
– l’entreprise suit une direction compréhensible,
– les décisions restent cohérentes dans le temps,
– votre place est relativement claire pour les prochains mois.
Quand la vision est stable, même partiellement, l’esprit peut se poser. À l’inverse, quand tout change en permanence, même les personnes les plus solides finissent par douter.
Le repère : vous pouvez vous projeter sans anxiété excessive.
Checklist – À observer :
– Comprenez-vous, globalement, où va votre entreprise ou votre organisation ?
– Les changements successifs vous paraissent-ils cohérents ou totalement erratiques ?
– Vous sentez-vous en mesure de vous projeter, au moins à court terme, dans ce poste ?
6. Votre vie personnelle n’est pas sacrifiée
C’est souvent le premier signe que l’on néglige… et le premier qui s’effondre quand un poste ne correspond plus.
Un travail ajusté vous permet :
– de garder du temps pour vous,
– de préserver votre vie familiale ou amicale,
– de décrocher mentalement en dehors des heures de travail,
– de ne pas vivre “sous perfusion” de dossiers.
Une ingénieure me confiait que le vrai signe qu’elle était dans un bon poste, c’est qu’elle avait recommencé à vivre ses soirées normalement. C’est concret. Et très parlant.
Le repère : votre vie pro ne dévore pas votre vie perso.
Checklist – À regarder honnêtement :
– Vos proches vous disent-ils que vous êtes “toujours dans le boulot” ?
– Vos soirées, vos week-ends, sont-ils encore vraiment à vous ?
– Vous arrive-t-il de passer une soirée complète sans penser au travail ?
7. Vos besoins fondamentaux sont respectés
Nous avons tous des attentes non négociables.
Parmi elles, on retrouve souvent :
– Vision : une direction claire, même imparfaite ;
– Sécurité : un environnement relativement prévisible ;
– Compréhension : le sentiment d’être vu et entendu ;
– Responsabilité : un vrai pouvoir d’agir, pas seulement exécuter ;
– Confiance : pouvoir s’exprimer sans peur constante ;
– Reconnaissance : ne pas être invisible ;
– Appartenance : créer du lien au‑delà des tâches.
Ce sont typiquement des sujets que l’on travaille en coaching en entreprise ou en coaching de managers, quand la mécanique du quotidien ne suffit plus à tenir.
Le repère : vos besoins prioritaires sont satisfaits, pas seulement “entendus”.
Checklist – À clarifier pour vous :
– Savez-vous quels sont vos besoins non négociables au travail ?
– Sont-ils aujourd’hui réellement satisfaits, ou seulement évoqués dans les discours ?
– Vous sentez-vous considéré comme une personne, ou seulement comme une ressource ?
8. Vous pouvez vous exprimer simplement
Être soi-même au travail, ce n’est pas tout dire.
C’est pouvoir parler sans se censurer par peur.
Un manager me racontait que le jour où il avait pu dire non sans se faire reprendre, il avait compris qu’il pouvait rester. Ce geste simple avait marqué un tournant pour lui.
La parole est un marqueur fort de sécurité professionnelle.
Le repère : vous êtes réellement entendu.
Checklist – À ressentir :
– Pouvez-vous exprimer un désaccord sans craindre, systématiquement, une sanction ?
– Vous sentez-vous autorisé à dire “non”, à poser des limites ?
– Quand vous parlez, avez-vous le sentiment que quelqu’un écoute vraiment ?
Et si plusieurs signes manquent ?
Le fait de ne pas cocher tous les repères ne signifie pas forcément qu’il faut changer de métier.
C’est d’abord un appel au diagnostic.
Deux questions simples peuvent déjà ouvrir le champ :
– Qu’est-ce qui vient du contexte ?
– Qu’est-ce qui vient de vous ?
Dans ces moments-là, j’utilise un fil discret de ma méthode ALIGNÉ® :
– Ancrage : écouter ce que dit votre corps — tension, fatigue, respiration ;
– Lisibilité : mettre des mots simples sur ce qui coince réellement.
Pas de grande théorie. Juste du clair.
Checklist – Pour amorcer le diagnostic :
– Où ressentez-vous les tensions dans votre corps (sommeil, maux de tête, respiration) ?
– Si vous deviez résumer en une phrase ce qui coince le plus aujourd’hui, que diriez-vous ?
– Parmi les huit repères, lesquels sont les plus absents ? Lesquels sont présents ?
C’est souvent à ce stade que les personnes que j’accompagne en bilan de compétences et coaching en entreprise me contactent : elles sentent que “tenir” commence à coûter trop cher, mais ne savent pas encore quoi ajuster.
En résumé
Un travail qui vous convient n’est pas un travail parfait.
C’est un travail qui vous permet d’avancer sans vous tordre, sans sur‑adaptation, et en restant vous-même.
Si plusieurs signes manquent, ce n’est pas une faiblesse.
C’est le moment d’ajuster : le cadre, les attentes ou le projet.
Et si vous êtes en plein questionnement, vous n’êtes pas obligé d’improviser seul.
Si vous vivez dans le Pays de Retz, la région nantaise ou le secteur de Saint‑Nazaire / Pornic / Saint‑Michel‑Chef‑Chef, vous pouvez réaliser un bilan de compétences en présentiel, éligible au CPF.
Informations et inscription via votre Compte Personnel de Formation
Un bilan de compétences et un coaching en entreprise peuvent également vous aider à remettre du sens, du cap et du confort dans votre vie professionnelle, en présentiel ou à distance.